Le LFI, une histoire de famille qui s’écrit depuis 3 générations chez les Montfort

Il n'est pas rare d'utiliser la métaphore de la famille pour décrire notre communauté unique. Pour les Montfort, cette image chargée de sens s'incarne en une réalité bien concrète, celle d'un héritage, transmis sur trois générations. L'histoire des Montfort et du LFI, c'est celle d'une établissement scolaire qui, d'un lieu d'apprentissage, est devenu une véritable transmission familiale.
Cet héritage s’est incarné dans un moment d’une rare intensité lorsque les Montfort se sont réunis sur trois générations au sein du campus de Blue Pool Road, un lieu qui porte une part essentielle de leur histoire. Pour Olivier, le grand-père, ce retour fut particulièrement chargé d’émotion. Ancien membre du Conseil d’administration ayant joué un rôle déterminant dans la construction de ce campus, il n’aurait jamais imaginé, quand sa famille a quitté Hong Kong en 2000, que ses propres petits-enfants étudieraient un jour entre ces murs.
Pour son fils, Louis Montfort – ancien élève, parent d’élève et désormais membre du Conseil –, se tenir entre son père et ses enfants était un véritable symbole. Comme si, en un instant unique, le passé, le présent et l’avenir de sa famille ne formaient qu'un.
Dans le cadre de cette interview, c'est avec Louis Montfort que nous nous sommes entretenus pour explorer ce lien unique en son genre et cette profonde conscience de la continuité qui font du LFI bien plus qu'une école : le socle d'une histoire familiale. Nous l'avons d'abord invité à se replonger dans ses souvenirs d'élève, alors qu'il arpentait ces mêmes couloirs il y a plusieurs décennies.
Retournons à l'époque où vous étiez vous-même un élève au LFI. Que souvenir marquant gardez-vous de ces années ? Vous souvenez-vous d'un enseignant qui vous aurait particulièrement marqué ?

"J'étais élève de 1996 à 2000, et je me souviens notamment de trois anecdotes marquantes :
- L'ouverture du Campus de Blue Pool Road : À l'époque, j'étais en 4ème. Quitter Jardine's pour un nouveau campus entièrement dédié au secondaire était une grande étape. Nous étions émerveillés par la découverte de ce nouveau campus adapté à des élèves plus âgés.
- Le club d'escalade: S'il existe une activité que je ne suis pas prêt d'oublier, c'est bien la descente en rappel du mur du Bloc E à Jardine's, depuis la cour sur le toit. C'était difficile, mais j'en garde un merveilleux souvenir. Je ne suis pas sûre que l'activité ait été renouvellée ensuite...
- Un enseignant qui m'a marqué : Mon professeur d'histoire et géographie, M. Philippe Gimenez, qui a su me transmettre sa passion pour cette matière. Une passion qui ne m'a d'ailleurs jamais quitté, et ce même après l'école."
Quelle était votre perception du Conseil d'administration en tant qu'élève ? Étiez-vous conscient de l'implication de votre père, et qu'est-ce que cela représentait pour vous à l'époque ?
"À l'époque, je comprenais très mal le rôle et la fonction du Conseil d'établissement. Je savais que mon père y siégeait, mais je ne me souviens pas lui avoir soumis la moindre préoccupation ou suggestion."
"C'est très différent avec mes propres enfants aujourd'hui — ils s'attendent à ce que je milite pour plus de frites à la cantine et moins de soleil dans la cour de récréation !"
Puis la conversation glisse vers le présent, où Louis endosse désormais un nouveau rôle : celui de parent.
Il évoque cette expérience à nulle autre pareille : redécouvrir le LFI à travers le regard de ses enfants. Un mélange émouvant de nostalgie avec ses propres souvenirs d’élève et d’émerveillement avec les découvertes des leurs.
Qu'avez-vous ressenti lorsque vous avez vu vos enfants parcourir ces mêmes couloirs ? Y a-t-il eu un instant précis, un détail, qui vous a fait réaliser que l’histoire se répétait et que la boucle était bouclée ?

"Lorsque nous nous sommes installés à Hong Kong et que l'école a commencé, j'étais très fier de ramener mes deux aînés à Jardine's. Cela a fait remonter beaucoup de souvenirs, et c'était amusant de redécouvrir l'école à travers leurs yeux et de les entendre débattre du meilleur terrain de jeu et de la meilleure cantine ou encore de trouver des raccourcis dans les couloirs et les escaliers.
J'ai aussi été très heureux de découvrir le campus de Chai Wan pour ma petite. C'est un espace formidable dédié aux plus jeunes élèves et un environnement idéal pour leurs premières années.
Plus tard, lorsque mon aîné est passé à Blue Pool Road, j'ai été impressionné par les changements, et notamment le CDI qui est aujourd'hui bien plus grand qu'il ne l'était à mon époque !"
Quelles sont les similarités entre l'expérience de vos enfants aujourd'hui et la vôtre ? En quoi sont-elles différentes et en quoi cela réflète-t-il l'évolution de l'établissement ?

"L'école n'a pas changé, si ce n'est que tout est plus moderne et technologique aujourd'hui. Je me souviens que nous regardions des films sur des cassettes VHS usées et que nous devions déplacer le téléviseur de classe en classe, alors qu'aujourd'hui, toutes sont équipées de tableaux numériques et autres supports connectés. Et lorsque mes enfants me demandent pourquoi il n'y a pas davantage de frites à la cantine, je leur rappelle que quand j'étais à leur place, c'était du couscous que nous avions tous les vendredis, et non des frites !"
D'après vous, qu'est-ce qui rend le LFI unique ?
"La particularité du LFI, c'est que c'est un établissement qui propose deux programmes d'excellence : le programme français et le programme international. Une formule unique, qui offre bien plus qu’un enseignement de qualité : une porte ouverte sur le monde. L’occasion de s’imprégner d’autres cultures, de nouer des amitiés aux quatre coins de la planète et de multiplier les expériences enrichissantes.
Et surtout, il y a ce concept de "Un LFI Uni" (One FIS), une identité forte et fédératrice, propre à notre école. Je suis convaincu qu’il recèle un potentiel immense et qu’il nous reste encore beaucoup à en explorer pour le faire rayonner davantage.
Au fond, ce lien profond, forgé à travers les générations, se transforme en un véritable sens du devoir.
Pour Louis, rejoindre le Conseil d’administration du LFI ne relève pas d’un simple engagement professionnel : c’est la suite logique d’un héritage familial, une manière naturelle de contribuer à l’avenir de l’école. Dans cette dernière partie, nous explorons ce que prendre le relai d'une institution qui fait partie intégrante de son histoire personnelle signifie. Et pour enrichir cette perspective, nous avons aussi posé quelques questions à son père, M. Olivier Montfort, afin de recueillir son regard sur la construction d’un héritage, des premières pierres du campus de Blue Pool Road aux leaders de demain portés par ses propres petits-enfants.
Qu'est-ce qui vous a motivé à endosser vous-même le rôle de membre du Conseil d'administration ?
"Pour moi, appartenir à une communauté, c’est aussi s’y impliquer activement. Au LFI, cette dynamique est bien vivante : nos membres s’engagent à tous les niveaux. Certains se portent volontaires comme délégués, qu’ils soient parents ou élèves, d’autres deviennent représentants du personnel. Certains rejoignent des instances clés comme le comité FISCA ou le comité Gala, tandis que d’autres intègrent le Conseil d’administration.
Chaque contribution est essentielle, car elle participe à renforcer notre établissement et aide nos élèves à réaliser leur plein potentiel."
Avec votre expérience unique en tant qu’ancien élève, parent et membre du Conseil d’administration, quelle vous semble être la responsabilité essentielle du Conseil envers notre communauté scolaire ?
"C’est une question fondamentale pour quiconque envisage de rejoindre le Conseil.
À mes yeux, la responsabilité la plus importante, c’est de garantir l’avenir. Nous devons veiller à ce que, dans 3, 5 ou 10 ans, le LFI reste une référence et qu’il continue d’offrir une éducation d’excellence aux élèves d’aujourd’hui, comme à ceux qui font leurs premiers pas dans l’école demain."
En quoi votre parcours personnel rend-il les décisions du Conseil plus ancrées et crédibles ?
"Chaque membre du Conseil apporte une expertise et un vécu uniques, ce qui enrichit nos réflexions et nous permet de prendre des décisions éclairées.
De mon côté, en plus de mon expérience au sein du conseil d’une école londonienne, j’apporte aussi ce regard particulier : celui de quelqu’un qui a d’abord foulé ces couloirs en tant qu’élève, avant d’y revenir en tant que parent. Ce double ancrage me permet de saisir pleinement les nuances de notre culture scolaire."
Si votre enfant vous demandait pourquoi il devrait, à son tour, s’investir dans un Conseil d’administration, comme vous l’avez fait, et comme votre père avant vous, que lui répondriez-vous ?
"Je répète souvent à mes enfants : si une chose vous tient à cœur, investissez-y de votre temps. J'espère qu'ils trouveront des projets et des communautés qui les passionneront — que ce soit à travers le Conseil de l'école, une association caritative, une paroisse, ou une autre forme d'engagement. Et j'espère que nombreux sont les membres de notre communautéqui choisiront, eux aussi, de s'impliquer pour nous aider, ensemble, à façonner l'avenir de notre école."
Quelques questions supplémentaires à Olivier Montfort, membre du Conseil d'administration en 1999.
Quelle a été votre plus grande fierté ou contribution durant votre mandat au sein de l'administration de l'école ?
"J'ai rejoint le Conseil du LFI juste après l'achèvement du campus de Blue Pool Road. Ce bâtiment supplémentaire a été réalisé par Dragages HK, l'entreprise dont j'étais le directeur financier. Nous étions tous très fiers de ce bâtiment construit à flanc de vallée, dans des conditions de chantier difficiles. Je suis sûr que les élèves d'aujourd'hui sont habitués à la vue imprenable sur Hong Kong et n'y prêtent plus attention, mais je me souviens en avoir été fasciné lors de mes visites du projet. La cérémonie d'inauguration, en présence Claude Allègre, alors ministre français de l'Éducation, fut un moment très agréable et motivant."

How did your Board role shape your perspective on your son's education as it was happening?
"Il était très important pour moi de jouer un rôle actif dans cette école, non seulement pour mes enfants mais aussi pour toutes les familles de mon entreprise (et nous étions assez nombreux à l'époque). Je me souviens avec quel plaisir j'échangeais des points de vue avec le corps enseignant, qui était très engagé en faveur de l'excellence et du bien-être des élèves."
Que ressentez-vous en voyant le schéma famillial se répéter avec vos petits enfants au LFI et votre fils siégeant au Conseil d'administration ?
"Cela me remplit de fierté, bien sûr ! On dit bien que le fruit ne tombe jamais loin de l’arbre…"
Avez-vous un jour imaginé que le lien entre votre famille et le LFI s’écrirait sur autant de générations ?
"Pas du tout. Quand j'ai quitté Hong Kong en 2000, je pensais ne jamais y revenir. Mais heureusement, ma femme et moi avons conservé de solides liens d'amitié avec Hong Kong. Deux de nos enfants y ont fait une partie de leur carrière et nous avons eu de nombreuses belles occasions d'y retourner, chaque fois avec un grand plaisir."
En voyant l'école aujourd'hui en tant que grand-père et ancien dirigeant, quel est votre plus grand espoir pour son avenir ?
"Mon espoir n'est pas centré sur l'agrandissement, mais surtout sur le maintien de l'excellence et du bien-être des élèves. Et c’est avec confiance que je regarde vers cet avenir."

